Au coeur des 24H Rollers

Petit comparatif de préparation pour les 24 Heures Rollers en catégorie SOLO. Philippe COUSSY, alias « R’Phil », recordman de l’épreuve, et Philippe ROUY, alias « Tais toi & Roule » ont gentiment répondu à nos questions

 

Philippe COUSSY, Alias "R'Phil"

FICHE D’IDENTITE

Nom: COUSSY

Prénom: Philippe

Nombre de participations aux 24 Heures Rollers:

5 participations en équipe:

- 2003: 30e avec le PLPB AUXERRE

- 2004: 35e avec le PLPB AUXERRE

- 2005: 6e avec Lourdes Roller Vitesse

- 2006: 4e avec le CDRS 37

- 2007: 5e avec le CDRS 37

3 Participations en SOLO:

- 2008: vainqueur avec 568km (record de l’événement)

- 2010: abandon vers le 515e km

- 2011: vainqueur avec 573km (record de l’événement et seconde performance de tous les temps, juste derrière les 579km aux 24H de Montréal)

  • Meilleur résultat aux 24H Rollers:

- 4e en équipe en 2006

- Vainqueur en SOLO en 2008 et 2011

  • Meilleur temps au tour: 7’00, en équipe

PREPARATION

  • A quel moment décides-tu de t’inscrire ? Et qu’est-ce qui te pousse à revenir ?

15 Février car avant cette date je n’ai pas envie de compétition et ce qui me pousse à revenir est surtout la Dunlop, à mes yeux, sans elle, Le Mans serait bien fade et ne me fascinerait pas autant.

  • A quoi ressemble ta préparation pour les 24 Heures du Mans Rollers ? Participes-tu à d’autres courses type 6h pour te préparer ?

Les 6 heures ne me servent à rien pour préparer un 24h, Il faut se préparer mentalement à affronter seul la douleur pendant un très long moment (même si on court en groupe malgré tout !). Courir un 6 heures, c’est supporter un rythme imposé par des patineurs qui veulent vous battre, vous dominer, alors que courir un 24 heures, c’est s’imposer un rythme pour aller le plus loin possible, et dominer des concurrents n’est pas une fin en soi..

Si je devais résumer une préparation plutôt complexe en quelques lignes, disons qu’il faut apprendre à lutter contre la résistance de l’air seul et absolument seul j’insiste, le plus longtemps possible, pendant des heures, rester en position aéro même lorsque la douleur devient fardeau.

Cette position je l’ai apprise grâce au LOU roller en 2006 et 2007, surtout en observant le patinage de Nicolas Jaffrain Champion de France 2003 en Nationale. Je me suis rendu compte lors de leurs séances d’entrainement à Parilly que je me faisais sortir à la longue car je ne savais pas garder la position aéro, alors que pour eux c’était naturel presque inné. J’ai donc travaillé, beaucoup travaillé la position aérodynamique, la clé selon moi sur longues distances en solo.

Comme je suis assez fainéant je vais m’entrainer pour mes longues séances de train 3 à 4 heures, dans un endroit paradisiaque : la VéloVoie des 3 Lacs dans l’Aube qui relie Troyes à Port Dienville, à une heure de chez moi.  Il y a du vent hiver comme été, peu d’abris, et au bout de 44km il faut faire demi-tour  pour boucler 88km. C’est terrible! Au début, sur les digues, ça parait interminable. Je ne peux me bluffer car au retour j’analyse mes courbes cardiaques et mes chronos en superposant mes séances tout au long de la saison et d’une année sur l’autre.

Dans tout ceci il ne faut pas trop perdre ses capacités d’accélération et apprendre à changer de rythme, il faut donc introduire 1 séance de fractionné par semaine, de préférence en faux plat montant pour apprendre à vaincre la             Dunlop.

  • Quels sont tes entrainements durant le dernier mois ?

Il y a une ou deux séances musclées 3 à 4 semaines avant la date, le reste n’est que du maintien et du repos. Il ne faut pas courir sous peine de se cramer.

  • Quelles seraient tes recommandations pour une première participation ?

Chi va piano va sano e va lontano! Tous les ans, des soli partent comme des balles, et prétextent diverses raisons pour abandonner. Il faut les laisser devant, même très loin devant, car vous courrez un 24 Heures, pas un 6 heures.

  • Pratiques-tu d’autres sports pour compléter ta prépa ?

Du cyclisme, et de la course à pied avec montées de côtes pour la musculation.

  • Quel est ton objectif pour cette année ? Quelle est ta stratégie de course (temps au tour / plages de repos…) ?

Je serai sur le bord de la piste appareil photo en bandoulière, et pour donner un coup de main à mon ami Claude (Eco Solo 10ème en 2011) afin de l’aider à rentrer dans le top 5.

EQUIPEMENT

  • Quelles sont les roues que tu utilises ? (diamètre, pluie…)

Roues 100% Roll’X depuis 2009, dans la gamme Endur’X 110mm blanches en dureté 85

Pour la pluie, je « panache » avec des Xbirds oranges toujours en 110mm, dureté 85.

Platines carbones EO Skates depuis 2008 (j’en utilise 2 paires), en diablo basique 4X104 modifiés/optimisées par mes soins pour recevoir du 4X108mm obtenues à partir de 110mm RollX retaillées, et cette config me suit depuis début 2009

  • Combien de roulements / jeu de roues prévois-tu pour toute la durée des 24 Heures ?

1 seul, sur un 24 Heures je parcours presque 600km et les roues ne perdent que 5 ou 6 dixième de mm environ.

  • Emmènes-tu plusieurs paires de patins différents ?

2 paires lorsque je dispute les 24 Heures de Montréal (cause volume embarqué dans les valises) mais 3 ou 4 paires au Mans, on n’sait jamais.

  • Quel type de vêtement portes-tu pendant toute la durée ? En prévois-tu plusieurs en fonction de la météo ?

Combi du Lou Roller sans rien dessous, même la nuit, entre 9 et 10’ au tour ça suffit pour ne pas se refroidir. Pas d’autres vêtements, même en cas de pluie, fin juin lorsqu’on roule vraiment on n’a pas froid.

OBSERVATIONS

Je dois beaucoup au 24 Heures du Mans Rollers avec mes deux victoires en solo, et également à celles des 24 Heures de Montréal sur le prestigieux circuit Gilles Villeneuve, en 2008, 2009 et 2011, mais la perf’ dont je suis de loin le plus fier c’est mon record mondial officiel 100% solo et non drafté, réussi en septembre 2009 à Lyon St Priest avec 544,61km.

Philippe ROUY, alias "T'es toi et roule"

FICHE D’IDENTITE

Nom : Rouy

Prénom : Philippe

Nombre de participations aux 24H Rollers :

3 au total (1 en équipe, 2 en solo)

Meilleur résultat aux 24H Rollers :

27e

Meilleur classement en catégorie SOLO :

27e

Meilleur temps au tour : 11’01

PREPARATION

  • A quel moment décides-tu de t’inscrire ? Et qu’est-ce qui te pousse à revenir ?

Quelques jours après avoir digéré le « morceau », l’envie de recommencer est déjà là ; en essayant d’analyser la course pour mieux préparer la saison d’entrainement

L’ambiance festive, le circuit mythique, une épreuve qui rassemble pros et amateurs (cela n’existe pas dans beaucoup de disciplines !)

Et puis l’envie de se surpasser, dans une épreuve bien particulière.

  • A quoi ressemble ta préparation pour les 24 Heures du Mans Rollers ? Participes-tu à d’autres courses type 6h pour te préparer ?

Essentiellement du fond, avec, en moyenne 100km en 3 sorties/semaine

Une sortie longue (pour moi) : environ100 km/mois

Une séance de cote (type Dunlop) : 1 fois/semaine

Une ou deux courses de 6h (pour « voir » où j’en suis)

  • Quels sont tes entrainements durant le dernier mois ?

A part la sortie longue, l’entrainement reste sensiblement le même… les sorties se font en endurance

  • Quelles seraient tes recommandations pour une première participation ?

Cela dépend des capacités et des ambitions de chacun !! Mais 24h, cela reste une course longue. Faire une course de 6h et se dire qu’on redémarre dans 5 minutes est un bon test…

L’essentiel reste qu’il faut se faire plaisir

  • Pratiques-tu d’autres sports pour compléter ta préparation ?

Un peu de footing et de renforcement musculaire pendant l’hiver

  • Quel est ton objectif pour cette année ? Quelle est ta stratégie de course (temps au tour / plages de repos…) ?

Finir et faire mieux que l’année dernière !!! soit plus que 80 tours. La stratégie n’est pas encore finalisée et dépendra de l’état de forme début juin.

L’idée générale étant de viser autour des 12’/tour et de limiter les temps de pause…

EQUIPEMENT

  • Quelles sont les roues que tu utilises ? (diamètre, pluie…)

Patin Bont semirace 4×100 (enduri’x ou matter code red (pluie))

  • Combien de roulements / jeu de roues prévois-tu pour toute la durée des 24 Heures ?

1 jeu roue / roulement neuf pour la course

  • Emmènes-tu plusieurs paires de patins différents ?

Je l’ai déjà testé : quand on a mal, peu importe le patin : donc cette année 1 seule paire

  • Quel type de vêtement portes-tu pendant toute la durée ? En prévois-tu plusieurs en fonction de la météo ?

Cuissard + Tshirt technique (et veste pluie au cas ou)

OBSERVATIONS

2008 : découverte du roller (y pas d’age pour démarrer !!)

2009 : 24h en équipe

2010 : 24h solo

2011 : 24h solo

2012 : 24h solo à venir !!

 

« Chicken Solo », Un SOLO inarrêtable

Chicken SOLO

  • Depuis combien de temps participez-vous aux 24H Rollers ?

J’y participe depuis 2003. J’ai tout d’abord commencé en équipe et depuis 2008, je cours dans la catégorie SOLO, grâce à mon ami DAN SOLO, qui y participe également pour la sixième fois consécutive cette année.

  • Ce qui vous pousse à revenir ? 

La joie de retrouver certains pratiquants de rollers que je ne vois qu’en cette occasion. L’envie de me dépasser à chaque édition car la motivation est toujours là depuis 2003. Cette ambiance si magique, car nous installons le bivouac dès le vendredi après-midi au camping. Cet instant magique lorsque les solos et quelques duos, se retrouvent dans le dernier tour sous la Dunlop, avant d’entamer le dernier tour si possible ensemble.

  • Votre meilleur souvenir ?

C’était en 2009. J’ai attrapé un virus gastrique dans la nuit de vendredi à samedi. J’étais tellement malade que je suis allé voir le pôle des médecins le samedi en fin de matinée. Un des médecins présent m’interdit de participer si cela ne s’arrange pas.

Je me suis présenté sur la ligne de départ, ça n’allait guère mieux, mais je voulais au moins faire un tour. Puis les tours se sont enfilés les uns derrière les autres et j’ai bouclé les 24H Rollers en ayant effectué 102 tours et rien dans le ventre depuis la veille. Cela reste encore aujourd’hui mon meilleur résultat. Comme quoi !!!

  • Votre objectif cette année ? 

Atteindre et dépasser mon résultat de 2009 où j’ai terminé 14ème SOLO avec 102 tours.

  • Quels conseils pour les débutants ? 

Déjà venir aux 24H Rollers, en ayant à l’esprit, qu’il ne faut pas rechercher des résultats dès la première année, mais se faire plaisir entre amis et surtout  s’ imprégner de l’ambiance des 24H Rollers.

Pour les individuels ? Venir prendre ses marques, suivre le train d’autres SOLOS qui roulent à la même vitesse, pour ne pas se mettre dès le début dans le rouge et ainsi apprendre à  gérer une course de 24H.

Dans le club que je dirige depuis bientôt 1 an, le Club de Roller Varadais (44), nous engageons cette année 2 équipes en catégorie prestige, 1 équipe féminine catégorie endurance, 1 duo et 4 solos dont moi-même.

Dans l’équipe N°2, catégorie prestige, il y a essentiellement  des personnes qui  participent pour la première fois, il n’y a aucune obligation de résultat juste le plaisir de participer à ce moment tant attendu par nous tous.

  • 3 adjectifs pour qualifier les 24H Rollers ? 

 Convivial

Gratifiant

Fascinant

TNS FRANKFURT, des allemands fidèles et organisés

TNS Frankfurt

Nous avons rencontré Dirk May, fondateur et manageur de la skate night la plus rapide en Allemagne: Le Tuesday Night Skating Francfort. Depuis 2002 il participe régulièrement aux 24heures rollers, accompagné par un nombre de participants de plus en plus nombreux.

  • Salut Dirk – c’est la dixième fois que tu vas participer aux 24 heures Rollers – raconte-nous un peu comment tout cela a commencé ?

Etant organisateur du Tuesday Night Skating Francfort, je suis à la recherche d’évènements rollers depuis le début des années 90. En 2001 je suis tombé sur une brochure des 24 heures rollers. L’année suivante, on était en route avec notre première équipe

  • Quelles étaient vos premières impressions à cette époque-là ?

L’évènement était unique et l’est encore aujourd’hui. En arrivant on est captivé par l’atmosphère extraordinaire. On oublie les efforts, les 800km du voyage et le manque de sommeil. A la vue du Dunlop, on tombe amoureux du circuit, on ressent des frissons. Nous avions passé tout le week-end sur le fameux Circuit Bugatti – un endroit qu’on ne connaissait que grâce à la télé.

  • Est-ce que vous vous étiez fixés des objectifs pour votre première participation ?

En fait, on n’a pas eu d’objectifs spécifiques pour cette première. On était guidé par l’esprit olympique, juste de participer à cette grande fête. C’est l’intention qui compte, c’est la participation qui nous motive. On voulait juste avoir une course sans chute ni blessure.

  • Comment êtes-vous organisé pour votre venue au Mans aujourd’hui ?

La première année, nous étions un petit groupe de 9 personnes et nous sommes venues dans un petit bus. Cette année (2011), on va louer trois grands autocars avec plus de 10 équipes. Nous offrons à nos participants un package « all inclusive » et nous nous occupons de tout.

  • Quels sont les changements à mentionner depuis ta première participation ?

L’atmosphère fascinante n’a heureusement jamais changé. La course, le départ, les nuits sans sommeil, l’arrivée – tout cela n’a pas changé et les participants restent captivés par l’ambiance de l’événement. Par contre, aujourd’hui on peut profiter des nombreuses améliorations du circuit et des arrangements autour de l’évènement :

Le circuit a été ré-asphalté, la montée du Dunlop a été adoucie et les installations sanitaires ont été rénovées.

  • Quels sont les points culminants de cette course ?

Premièrement il y a cette sensation inoubliable du départ et la dernière ligne droite. Mais c’est plutôt la somme des petites choses que j’apprécie … Au départ, on se dit qu’il va être impossible de se lever à 4 heures du Matin, puis on arrive quand même sur le circuit, on prend son relais, on se motive pour faire un tour, puis on se dit qu’on va peut-être réussir à accélérer, et c’est à ce moment là qu’on réalise notre meilleur tour.  Il y a aussi les conversations/échanges avec les autres équipes de rollers pendant l’événement. Chaque année tout cela fait monter le suspense ; cela commence au départ à Francfort et cela culmine jusqu’au final du dimanche après-midi où finalement toute l’adrénaline sera remplacé par des sourires immenses.

  • Qu’est-ce que tu souhaites pour l’avenir ?

J’espère que Le Mans restera l’un des meilleurs évènements internationaux de rollers…